mercredi 9 juin 2010

Alice Springs - Uluru



Dimanche matin, après une bonne soirée dans les pubs de Sydney, je prends l'avion pour Alice Springs, en plein centre de l'Australie. A mon arrivée, je réserve une excursion de trois jours dans l'outback, c'est à dire le désert. Lundi matin, à 5 heures, un bus vient chercher la joyeuse de troupe de voyageurs qui participeront au voyage. Je me sens pousser quelques cheveux blancs quand je réalise que la joyeuse troupe en question est composée essentiellement de jeunes allemands entre 19 et 20 ans... Même notre guide, Tom, n'a que 23 ans... heureusement, il y a aussi Jill, Américaine bien déjantée.

Dans le bus, j'assiste à un lever de soleil spectaculaire sur le désert. Nous roulons pendant 4 heures avant d'arriver à King's Canyon. D'immenses montagnes ocres se dressent au milieu du désert. C'est superbe. Il fait beau et pas trop chaud, ce qui rend la journée de trek dans ces montagnes vraiment très agréable. Notre guide nous raconte plein d'histoires et de légendes liées à ces montagnes. Les aborigènes ont une culture très visuelle et voient en chaque rocher un animal, un enfant, un serpent... ce n'est pas toujours évident de voir que ce rocher juste-là représente un kangourou sauvant un enfant de la noyade...

Après quelques heures de route supplémentaires, nous arrivons au camp où nous passerons la nuit. Nous dormirons dehors, à la belle étoile autour d'un feu. Je suis partie équipée de tous mes vêtements chauds que j'empile religieusement, en faisant attention de ne pas laisser de courant d'air passer sous les chaussettes ou dans le dos. Nous dormons dans nos sacs de couchage dans des sacs en toile pour nous protéger de l'humidité. Finalement, je n'ai pas froid pendant la nuit, mais je constate que mes chaussures ont gelé ! Nous nous levons très tôt et pendant que les autres se battent pour le Nutella, Jill et moi montons en haut d'une colline pour admirer le lever du soleil. C'est incroyable, le ciel entier est violet.

Nous reprenons notre route pour aller voir les montagnes Olga. Tom nous explique la formation de ces montagnes rouges, et nous apprend à extraire de l'ocre pour les peintures aborigènes (sur le corps ou sur les rochers). Nous faisons une très belle randonnée dans ces montagnes. Le paysage n'est pas très varié, et pourtant on ne s'en lasse pas.

Nous terminons la journée en allant regarder le coucher de soleil derrière le fameux rocher Ayers Rock, dont le nom aborigène est Uluru. Ce rocher est un des emblèmes de l'Australie, au même titre que la barrière de corail, l'opéra de Sydney ou les kangourous. Bon, c'est vrai qu'il est joli ce rocher, mais je suis beaucoup plus émerveillée par les montagnes précédentes que par cette attraction super touristique entourée de bus de touristes.

Nous passons une nouvelle nuit à la belle étoile et partons tôt admirer le lever du soleil sur l'Uluru.

Normalement, il est possible d'escalader l'Uluru. C'est une randonnée assez difficile, très raide, d'environ 2 heures aller. Aujourd'hui, l'accès est fermé à cause du vent. Les locaux prennent de grandes précautions car 35 touristes ont déjà péri pendant l'ascension du rocher (essentiellement à cause de crises cardiaques, mais aussi à cause de chutes liées au vent). De plus, les aborigènes, pour qui ce rocher est sacré, croient que lorsqu'un touriste meurt sur le rocher, son âme reste errer dessus et hante leur lieu de cérémonie.

Tom, notre guide, explique qu'il faut bien peser le pour et le contre avant de prendre une décision quant à entreprendre ou non l'ascension du rocher. En effet, ce n'est que depuis 1967 que les aborigènes sont reconnus comme des être humains par le peuple Australien, et les relations sont très encore tendues. Les aborigènes essayent de dissuader les étrangers à leur culture de faire cette ascension parce qu'ils détériorent et bafouent leur lieu de culte. D'autre part, un fort sentiment de culpabilité plane encore dans l'esprit des Australiens, qui, du coup, font tout ce qu'ils peuvent pour préserver la culture aborigène qu'ils ont tant essayé de faire disparaître dans le passé.

Nous reprenons notre route après un tour du rocher à pied (3 heures de marche, quand même, c'est un grand rocher !)

Je suis maintenant prête à prendre mon vol pour Cairns, sur la côte nord-est de l'Australie, les températures devraient être beaucoup plus estivales et je me réjouis déjà de découvrir la Barrière de Corail !



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