dimanche 23 mai 2010

...et un grand tour dans l'île du sud !

A Nelson, je rencontre un Canadien, Tyson, qui comme moi est un peu las de dépendre des bus pour se déplacer. Je lui suggère de partager la location d'une voiture, il accepte immédiatement. Le lendemain, nous partons à la découverte de la Baie Abel Tasman, très sauvage. La voiture que nous avons louée est une vieille Toyota Break dont la banquette arrière se plie en une sorte de lit. Nous dormons donc dans la voiture sur une plage au milieu de nulle part. Il fait froid, c'est très inconfortable et Tyson ronfle terriblement. J'ai un peu l'impression de dormir dans la pelle d'un tracteur... mais le lever de soleil superbe sur la plage chasse rapidement mon humeur massacrante !

Pendant cinq jours, nous parcourons la côte ouest de l'île du sud. Les paysages sont incroyablement variés. Nous faisons environ 5 ou 6 heures de randonnée par jour : sur les plages sauvages, dans la forêt épaisse et luxuriante, sur les glaciers, dans les collines verdoyantes et dans les montagnes rocheuses. Tous ces paysages superbes se côtoient et on ne sait jamais vraiment ce qu'on trouvera au prochain virage. En parlant de virage, j'ai quelques frayeurs : on roule à gauche en Nouvelle-Zélande... du coup je suis passagère sur le siège ou normalement je conduis, et Tyson, novice en termes de conduite à gauche, ratisse parfois un peu les bas-côtés...

Il est assez difficile de décrire la beauté des paysages, et les photos seront sûrement plus efficaces que les mots. C'est une des raisons pour lesquelles je n'ai pas été très active sur mon blog ces derniers temps : je randonne dans la nature, et à part constater que c'est sublime, je n'ai pas grand chose à raconter... Mais là, ça fait une semaine, alors j'ai quand même quelques petites anecdotes marrantes.

Un matin, nous arrivons à Punakaiki et partons faire une grande rando qui mène à une grotte. Dans le Lonely Planet, ils disent que c'est pour les randonneurs confirmés et très bine équipés. Lampe frontale obligatoire... Nous estimons que pouvons relever le défi. Bon, les 10 premières minutes sont faciles... et puis soudain il faut traverser une rivière et il n'y a pas de pont. J'essaye de bondir comme une petite biche d'un caillou à l'autre, mais les pierres roulent et « plouf » je me retrouve à quatre pattes dans la rivière. Impeccable : il nous reste 5 heures de rando et mes chaussures sont trempées. L'eau est vraiment super froide. A l'aller, le chemin monte... enfin ça n'est pas un chemin, c'est vaguement un sentier dans les rochers et on a souvent besoin de nos mains pour monter. Nous arrivons à la grotte. Je m'équipe de ma lampe frontale et je pars en éclaireur. C'est super joli, il y a des stalactites et des stalagmites partout, la roche est toute blanche. Il y a beaucoup d'eau et de boue dans la grotte. Mes chaussures sont déjà mouillées, mais je ne tiens pas à ce qu'elles soient imprégnées de cette boue liquide, donc nous poursuivons l'exploration de la grotte pieds nus. Au retour, je glisse et tombe environ 50 fois, sans jamais rien me casser ! (je vous assures que c'est un exploit). Nous terminons la randonnée couverts de boue et de bleus, mais c'était vraiment sympa !

Nous filons voir les célèbres Pancakes Rocks qui ne sont qu'à quelques kilomètres : ce sont des rochers immenses sur la côte, et l'érosion les a sculptés en sortes de piles de pancakes. A marée haute, les vagues s'engouffrent sous les rochers pour rejaillir au milieu, c'est vraiment très joli. Nous arrivons pile pour la marée haute, ouf ! Il fait super beau. Nous décidons que nous avons bien mérité un vrai repas au lieu des vieux sandwiches habituels ! Pour moi, ça sera truite panée !

Un autre l'après-midi, nous partons en rando autour du lac Matheson, perdu au milieu de la forêt. Il reflète le mont Cook, montagne la plus haute de Nouvelle-Zélande. C'est vraiment superbe. Lorsque nous retournons au parking il fait déjà nuit et très froid (normal, nous sommes au pied du Glacier Fox). Garé à côté de nous, il y a un camping-car et nous faisons connaissance avec les deux jeunes allemandes qui le pilotent. On leur offre du vin et du pain de mie, elles nous font des pâtes carbonara. Grand luxe ! Elles sont super bien équipées, avec un petit réchaud, de la vaisselle, un mini-évier, un mini-frigo... On finit par boire la liqueur de Kiwi que l'une d'entre elles devait rapporter à ses parents. C'est très bon, ça pique un peu. On va se coucher à 21h30, bien plus tard que d'habitude (comme il fait nuit à 17 heures, on se couche tôt). Tyson s'en donne tellement à coeur joie en ronflements et autres étranges sons gutturaux que je déménage et je vais dormir dans le van des allemandes !

Nous poursuivons notre route vers le sud le long de la côte et jusqu'à Wanaka, puis jusqu'à Queenstown où nous rendons la voiture et où nos chemins se séparent. A Queenstown, je retouve ma copine Tineke que j'avais rencontré quand je vivais à Edmonton (Canada) il y a 6 ans. A l'époque, nous faisions les quatre-cents coups toutes les deux avec une paire d'autres étudiants internationaux. Nous étions vaguement restées en contact tout ce temps, via facebook essentiellement ces dernières années. Elle est mariée et vit à Cromwell, à 1heure de route de Queenstown. Elle est prof d'EPS. Nous passons un super weekend toutes les deux, elle m'emmène voir les sublimes paysages du Lac Hayes puis nous retrouvons ses amis pour un restau et un petit tour au pub local ou on me fait goûter un certain nombre des vins locaux. Le dimanche, nous allons dîner chez ses parents qui, pour l'occasion, ont cuisiné un gigot d'agneau avec une sauce à la menthe et des légumes locaux. C'est apparemment typiquement Kiwi (=Néo-Zélandais), et c'est délicieux.En dessert, nous mangeons un gâteau fait de blancs en neiges meringués. On me chante « happy birthday » et on me fait souffler une bougie ! Super sympa !

Lundi matin, je reprends le bus pour Christchurch où je passe deux jours avant de m'envoler pour Sidney mercredi.

samedi 15 mai 2010

un petit tour dans l'île du nord

Bon, je sais... voilà un moment que je n'ai pas posté d'article sur mon blog... figurez-vous qu'en Nouvelle-Zélande, il n'y a pas fréquemment de WiFi et j'ai été assez occupée à sauter de bus en bus au cours de cette dernière semaine.
Donc, après l'épisode de la Marseillaise dans les grottes de Waitomo, je prends un bus pour Rotorua, à peu près au centre de l'île du Nord. Je m'installe dans un dortoir de 8, toute seule. C'est la saison creuse, il n'y a presque pas de touristes, l'automne s'installe !
Je pars faire une balade dans les environs, et là je croise 2 français et un allemand que j'avais rencontrés à Tahiti. Nous nous baladons un peu à travers les geysers de boue et passons la soirée dans un spa en plein air à faire les hippopotames dans de l'eau à 37 à 42°C.
Le lendemain, je reprends mon chemin pour Taupo, un peu plus au sud et je fais une grande rando jusqu'aux chutes d'Hulka. Bon, c'est pas les chutes d'Iguazu, mais c'est joli. Je croise des vaches et des moutons et je m'imprègne avec plaisir des couleurs automnales de la forêt. Une fois de plus, je me retrouve toute seule dans un grand dortoir. J'apprécie la compagnie de mon ordinateur et des films que j'ai piqués à Guigui avant de partir ! Comme il fait nuit à 17 heures, les soirées sont longues !

Ensuite, je reprends un bus pour aller à Wellington, capitale de la Nouvelle-Zélande. Le backpacker dans lequel je m'installe est plein de français qui sont là pour quelques mois et travaillent tout l'hiver avant de repartir voyager à la belle saison.
Wellington est une grande ville sans charme, les gratte-ciel font face à la baie. Je passe beaucoup de temps dans le musée TePapa spécialisé dans la culture Maori. C'est très bien fait, très interactif, et impeccable pour passer une journée pluvieuse.
Je reste coincée à Wellington une journée de plus que ce que j'avais prévu pour une stupide histoire de réservation de bus. Je me rends compte que j'ai pris goût à ma liberté et je suis exaspérée de ne pas pouvoir partir quand je l'ai décidé. Bon, en prenant un peu de recul, j'admets que ce n'est vraiment pas si grave...
Je finis par prendre le ferry pour passer sur l'île du sud. Je m'arrête à Nelson dans la baie de Tasman. Il paraît que c'est très joli... probablement, je peux tout à fait imaginer que derrière ce brouillard épais se cachent des paysages incroyables...
Finalement, le système des bus ne me convient pas si bien que cela, je suis trop dépendante des horaires... donc c'est décidé, dès demain je loue une voiture ! Il va falloir rouler à gauche, ça promet d'être épique !

dimanche 9 mai 2010

Waitomo



Très tôt dimanche, je prends un bus pour aller un peu au sud à Waitomo pour voir les grottes. Les collines se succèdent, le paysage est verdoyant et il y a beaucoup de vaches et de moutons. D'ailleurs, j'aime bien la phrase d'introduction de mon Lonely Planet Nouvelle Zélande : « la Nouvelle Zélande est un pays peuplé de 4 millions d'habitants et de 40 millions de moutons ». Et c'est vrai !




Bref, je vais visiter les grottes Glowworm dont le toit est peuplé de vers luisants. Du coup, on a l'impression d'une voie lactée, c'est comme des milliers d'étoiles, c'est très chouette. Pas de chance, je suis tombée dans un convoi de Néo-Zélandais du troisième âge et un groupe de jeunes trisomiques... Le jeune guide me repère immédiatement et me charie un peu (c'est vrai que c'est quand même pas de bol !) A différentes endroits de la grotte, il nous demande de crier pour tester l'écho... je vous laisse imaginer que tout le monde s'en donne à coeur joie... je ne sais pas comment les vers luisants ne s'éteignent pas ! Ensuite, il chante un chant Maori très joli. C'est vrai que cette grotte a une sonorité particulière... et puis là, je vis un grand moment de solitude, parce que le guide me tire par la manche est s'écrie : « Now, the French girl is going to sing the French anthem ! ». Je me retrouve plantée comme un radis avec les deux groupes (troisième âge et trismomiques) qui me regardent en attendant que j'attaque la Marseillaise. Pas de répits pour les braves, quitte à avoir l'air ridicule, autant se lancer pour de bon : je me mets à brailler la Marseillaise au fond d'une grotte en Nouvelle-Zélande avec pour public un groupe de trisomiques et un groupe de troisième âge. Je suis sûre que j'ai fait grésiller les sonotones !

Ensuite, je décide de partie faire une petite rando dans la campagne. D'après la grosse dame Maori méchante de l'office de Tourisme, c'est une des 10 plus belles balades de NZ. En effet, c'est super chouette : je marche plusieurs heures dans les collines, et je rencontre des vaches, des vaches, des vaches et des moutons. J'apprécie la compagnie de mon lecteur MP3 ! La balade mène ensuite dans une forêt luxuriante où les différents tremblements de terre et les éruptions volcaniques ont crée d'autres grottes. Il y a des passages très étroits où je suis obligée de passer à quatre pattes. Ça donne un goût d'aventure !

En Nouvelle-Zélande aujourd'hui c'est la fête des mères, alors BONNE FETE MAMAN ! Et puis tant qu'on y est, gros bisous à mes deux Mamies !

vendredi 7 mai 2010

Nouvelle Zélande - Auckland

Je décolle de Papeete mercredi à 7 heures du matin après une toute petite nuit, et je me pose à Auckland 6 heures plus tard et on est jeudi midi...

Je prends une navette pour le centre ville et je mets mon sac en consigne à la gare pour aller me balader un peu. Mon couchsurfeur Peter me rejoint et nous allons ensemble chez lui dans sa petite maison de banlieue. (A Auckland, on n'habite pas au centre ville, tout le monde habite dans des petits pavillons qui ressemblent à des chalets pastels dans les banlieues).

Vendredi, je pars me balader toute seule et je ne résiste pas à la tentation de m'arrêter chez le coiffeur pour arranger un peu la botte de foin que j'ai sur la tête... Après 3 mois de vadrouille en Amérique du Sud, je me surprends à apprécier d'être dans un univers qui m'est familier avec des boutiques, des centres commerciaux... Bref, je me rends à l'Office de Tourisme pour essayer de trouver comment je vais me déplacer dans le pays. J'avais dans l'idée de louer une voiture, mais toute seule ça revient cher et puis ça m'isole beaucoup... même si j'ai appris à apprécier ma propre compagnie, c'est quand même plus sympa de rencontrer des gens ! Donc c'est décidé, je vais me débrouiller avec les bus et en stop.

Le soir, un copain de Peter (mon Cser) vient nous chercher : il y a l'inauguration d'un parc gonflable qu'un de ses amis a monté. Je m'explique : vous voyez les châteaux gonflables sur lesquels on saute ? (je citerais celui de Nigloland pour Antinéa... ;-), ou toutes ces attractions gonflables qu'on voit dans Intervilles ou ce genre de niaiserie ? Et bien l'ami de Peter a eu l'idée de faire un parc consacré à tout cela. Il y a donc des immenses attractions gonflables, dont une que j'aime bien avec une combinaison en scratch à enfiler et on saute se scratcher contre un mur... et puis les fameuses combinaisons gonflables de sumo pour faire des combats... bref, l'ouverture était le lendemain donc le soir on est allés donner un coup de main pour les derniers arrangements, et on a testé les attractions comme des gamins ! Voilà une situation parfaitement improbable, une chose que je n'aurais jamais expérimentée sans le Couchsurfing !

Le lendemain, samedi, je pars en excursion avec des amies de Peter (qui doit étudier pour ses prochains exams). Nous partons en voiture vers le nord d'Auckland voir quelques sources chaudes (c'est à dire deux vagues pédiluves cracras dans des piscines hors de prix)... puis nous allons voir les plages de la côte ouest : superbe. Les falaises tombent à pic dans la mer, les plages sont de sable noir, la végétation est luxuriante, c'est un paysage très puissant. Dommage qu'il ne fasse vraiment pas beau... Ma polaire et ma Gore-Tex ont repris du service. Après Tahiti, ça me fait perdre au moins 20°C !


lundi 3 mai 2010

Moorea


J'arrive à Moorea et je fais encore un petit coup de stop pour aller rejoindre ma couchsurfeuse qui est orthophoniste dans le « centre ville », c'est à dire un petit centre commercial composé de quelques boutiques. Julia m'accueille et m'emmène chez elle en voiture.
Julia et Téhaamana vivent à flanc de montagne dans une superbe petite maison en bois avec une grande terrasse qui donne sur la baie de Cook. J'arrive juste pour admirer le coucher du soleil. Nous sommes invités chez une amie de Julia, Myriam, qui nous cuisine un délicieux petit plat agrémenté de Hinano, la célèbre bière locale. Nous passons une excellente soirée.

Le lendemain, samedi, Julia m'emmène juste en bas de chez elle et, équipées de masque et tuba, nous allons nager autour des patates de corail. J'y découvre une multitude de poissons de toutes les couleurs, bleus électrique, verts, roses, à pois, à rayures... l'eau est à 30°C et la visibilité est parfaite. Nous nous préparons ensuite un petit pique-nique que nous allons déguster sur une plage. J'ai l'impression de vivre dans une carte postale : l'eau offre un dégradé de bleus et de verts incroyable, et je savoure papayes, fuits de la passion et pamplemousses assise sur le sable blanc à l'ombre des cocotiers.

Dimanche, Téhaamana et Julia empruntent le bateau d'un de leurs amis et nous partons dans un lagon nager avec les raies et les requins-pointe-noire. Je ne suis pas très rassurée au départ, mais puisque tout le monde se jette à l'eau, moi aussi ! Les raies sont énormes et peu farouches : elles mesurent plus d'un mère de diamètre et viennent onduler leur chair douce et un peu visqueuse entre mes jambes, contre mon dos et mon ventre. Les requins, eux, tournent à distance, tous précédés de leur poisson pilote et d'autres petits poissons qui sont là pour les nettoyer. C'est magique !
Nous sommes ensuite invités à un barbecue sur la plage pour l'anniversaire d'un neveu de Téhaamana. Je rencontre une bonne partie de la famille et tout le monde est extrêmement accueillant et chaleureux. Au menu : poulet grillé, salade de riz et ananas délicieux.
En fin d'après-midi, Julia m'emmène faire une balade au Belvédère, point de vue panoramique dans la montagne duquel on voit les deux baies de l'île. C'est superbe. Nous en profitons pour aller voir un sîte archéologique où les natifs pratiquaient leurs rites, et nous redescendons par « le chemin des ananas » qui offre un nombre hallucinant d'espèces de fleurs et de fruits... la végétation est luxuriante et très tropicale.

Nous filons enfiler une robe pour aller assister au coucher de soleil installées sur la terrasse de l'hôtel Hilton (évidemment, en paréo et en tongs, il ne nous auraient pas laissées entrer !) Le coucher de soleil est à la hauteur de tout ce que j'ai vu aujourd'hui : SUBLIME !

Je prends l'avion dans une heure pour Auckland... des nouvelles dès que possible !
Merci à Valérie et à Olivia pour leur message : bon courage et grosses bises ! et BON ANNIVERSAIRE FIO !!!

jeudi 29 avril 2010

Papeete


J'arrive à l'aéroport de Papeete vers 23 heures. A la sortie de l'avion, trois Tahitiens jouent de la guitare et des femmes en costume traditionnel distribuent des fleurs de tiaré à se glisser dans les cheveux. Me voilà plongée dans l'ambiance...
Mon couchsurfeur vient me chercher avec deux de ses colocs. Il m'emmène dans leur superbe villa dans les hauteurs de Papeete. Là, une dizaine de personnes boivent des petits Ti-Punch. Ils m'accueillent très chaleureusement et je suis immédiatement à l'aise. La superbe villa avec piscine surplombe Papeete et la baie. On voit l'île de Moorea derrière les grands bananiers et cocotiers qui ombragent la terrasse. Les 9 colocataires sont tous des métropolitains entre 25 et 30 ans et l'ambiance est très détendue. Tout le monde vit en maillot de bain. C'est un peu la maison du bonheur, et le souvenir de la vie que je menais à Paris me paraît plus terne que jamais.
Le lendemain, un autre invité couchsurfeur me propose de m'emmener faire un tour en ville à Papeete. Nous descendons en stop (c'est très répandu là bas). En une petite heure, nous faisons le tour du marché, du port et du centre ville. On m'avait beaucoup prévenue que Papeete était moche : je confirme. Le petit marché est sympa : il y a plusieurs sections dont une de fruits multicolores et gorgés de soleil et une de poissons aux formes et aux teintes improbables. A l'étage, on vend des paréo très colorés, des chemises à fleurs, des perles de culture et des dents de requins en pendentif.
Nous faisons des courses pour un barbecue à la colocation : poulet mariné aux épices et lait de coco au menu !

Le lendemain, je décide de descendre en stop jusqu'à l'embarcadère des ferries pour aller sur la petite île de Moorea dont on m'a beaucoup vanté les mérites.

dimanche 25 avril 2010

Un dimanche à Rapa Nui




On est dimanche... je me lève de bonne heure (et de bonne humeur, comme d'habitude) et décide d'aller assister à la messe. Je me dirige vers la petite église de Hanga Roa et j'y trouve un monde fou. L'église est pleine à craquer, les gens sont venus en famille avec leur 5, 6, 7 enfants. Les femmes portent des fleurs tropicales dans les cheveux et les hommes sont en short de bain avec une chemise.
La cérémonie commence : les cinq premiers rangs de l'église sont occupés par un orchestre : deux youkoulélés, deux guitares, deux accordéons et un kit de percussions orné de plumes. Le prêtre porte une soutane jaune et un énorme collier de fleurs assorties. La messe se déroule au début comme toutes celles auxquelles j'ai assisté en Amérique du Sud, puis très rapidement, un vent d'exotisme s'empare de l'ambiance. L'orchestre joue des airs très entraînants, les fidèles chantent, se balancent sur leurs pieds, frappent dans les mains... la cérémonie prend véritablement un air de fête.
Le sermon du prêtre est assez classique, il parle (en Espagnol) de la pérennité de la parole divine au fil du temps, et de l'importance de l'amour de son prochain. Lors des prières, tout le monde dans l'église se donne la main, et au moment de se passer la paix du Christ, on ne se serre pas froidement la main comme en Europe, on se fait des gros câlins avec des petites tapes dans le dos.

La petite église est d'une simplicité touchante : les murs sont tout blancs, et seules quelques statues de bois gravées représentent Jésus sur la croix et Marie et son enfant. Pourtant, vers le milieu de la cérémonie, un Powerpoint est projeté sous la grande croix avec les paroles des chants en Rapa Nui. Et c'est parti pour quelques Alleluia version Karaoké Rapa Nui, ce à quoi je me prête avec beaucoup de plaisir.
La cérémonie est superbe et laisse penser que l'Eglise catholique en Europe (en France particulièrement) aurait besoin d'être dépoussiérée un bon coup !

samedi 24 avril 2010

L'art de la douceur de vivre




La vie est belle sur l'Ile de Pâques. De tous les endroits que j'ai visités, c'est le plus zen et le plus harmonieux. C'est aussi l'endroit le plus isolé du monde (à 3700 km de Santiago et 4000 km de Tahiti). Il n'y a que deux vols par semaine pour rejoindre la Polynésie. J'y vis au rythme de la nature : il fait nuit à 19 heures (d'ailleurs les couchers de soleil sont époustouflants) et il y a peu de choses à faire ensuite, donc je me couche tôt et me lève avec le soleil.


L'île est assez bien préservée du tourisme : il n'y a pas de barrières autour des Moaïs, pas de Mac Do, des coupures d'électricité très fréquentes et parfois pour des soirées entières... donc on s'éclaire essentiellement à la bougie (mais en bonne campeuse, j'ai quand même ma lampe frontale !) Et surtout, il n'y a pas de grands complexes hôteliers. Le village d'Hanga Roa est très authentique, bien que parsemé de petites huttes de souvenirs pour touristes. Cela vient du fait que personne ne peut posséder de terrain sur l'île, c'est un territoire qui appartient exclusivement au gouvernement chilien. Et pour une fois, il n'y a pas de passe-droit, qu'on soit hippie Rapa Nui, promoteur immobilier moscovite ou Reine d'Angleterre.

La langue Rapa Nui est à peu près la même que celle parlée à Hawaii et Tahiti. "Les chiliens ont pris Rapa Nui, les américains ont pris Hawaii, et les français Tahiti. Mais nous sommes un seul et même peuple" m'a expliqué José (titulaire d'un passeport chilien, mais pas chilien pour autant, que ce soit bien clair) après une baignade sur la plage d'Anakena. Parmi mon vocabulaire Rapa Nui fort étendu, je peux vous apprendre trois mots très utiles : Iorana (salut), Monire (lundi) et Ahu (plateforme de pierre). C'est encore un peu juste pour parler football ou religion, mais il faut un début à tout !

vendredi 23 avril 2010

Je n'reconnais plus personne en Harley Davidson...


Bon, d'accord, c'était juste un scooter, mais un 125cm3 quand même !

Avec mon compagnon de voyage hollandais, nous décidons de louer des scooters pour partir (fièrement) à la découverte de l'île. Il y a deux routes goudronnées : une qui longe la côté sud et une qui traverse l'île en diagonale de Hanga Roa (le village) à Anakena (la plage). Les autres routes sont des chemins assez rocailleux et pleins de nids de poule, ce qui transforme parfois l'expédition en performance de cross.

Nous commençons par aller admirer le cratère du volcan Rano Kau au fond duquel il y a un lac dont la végétation est protégée. Il y pousse apparemment un champignon qui aurait des propriétés curatives de la maladie d'Alzheimer. La vue est superbe sur la côte et nous croisons de multiples troupeaux de vaches et de chevaux sauvages. Il fait un temps splendide.

Nous suivons ensuite la côte par le sud, nous arrêtant toutes les 5 minutes pour admirer les Moaïs (ces fameuses statues gigantesques). Beaucoup d'entre eux sont couchés... c'est le résultat de différents entre les tribus de l'île : lorsque deux tribus s'affrontent, elles renversent les Moaïs de la tribu adverse. C'est le pire affront possible. Comme les statues représentent les âmes des ancêtres, elles protègent les tribus des mauvais esprits. Ainsi, une tribu dont les Moaïs ont été renversés est exposée à toutes sortes de maléfices.

Nous nous arrêtons ensuite au site du volcan Rano Raraku qui est la carrière de fabrication des célèbres statues. Sur les flancs se trouvent des dizaines et des dizaines de Moaïs terminés, on dirait que du jour au lendemain, tous les ouvriers sont partis et ont laissé en l'état tous ces Moaïs à différents stades d'avancement, y compris ceux terminés qui étaient en voie d'acheminement vers les différents Ahus (= plateformes de pierre supportant les Moaïs) de l'île. Au total on compte près de 400 Moaïs à différents stades d'avancement dans la carrière. Leur forme a évolué au fil des siècles. Ils sont caractérisés par une tête démesurée et allongée, oreille hyper étirée, arcades et menton bien saillants, lèvres fines avec un air dubitatif. Le plus grand d'entre eux mesure 20 mètres et pèse 200 tonnes.


En examinant les Moaïs sortis "d'usine" en attente d'acheminement on a pu échafauder une hypothèse sur leur transport jusqu'aux plateformes. On a constaté l'existence à leur base d'un surplus important de matière. On peut très bien penser qu'à l'aide de cordage on pouvait déplacer les Moaïs debout comme on déplace un frigo. D'ailleurs on a retrouvé des traces de cordage sur les Moaïs et le surplus de matière avait disparu du fait du frottement une fois arrivé au niveau de la plateforme.L'île était parcourue par des "autoroutes" formées d'allée pavée qu'on peut trouver encore aujourd'hui, elles contribuaient à une bonne "glisse" des Moaïs. Mais globalement, le mode de transport reste un grand mystère et les spécialistes sont en désaccord sur le sujet.

Depuis le volcan, on aperçoit Ahu Tongariki, une plateforme de 150 mètres de long sur laquelle se dressent fièrement 15 immenses Moaïs. Nous nous dirigeons donc vers ce site. Nous apprenons que ces Moaïs ont été renversés par un raz de marée en 1960 mais restaurés par un mécène japonnais. Ils se dressent fièrement, dos à l'océan, et ils imposent le respect !Pour vous donner une notion de l'échelle : vous voyez le petit point blanc au milieu de l'image ? C'est moi (debout, évidemment).

Tout près de Ahu Tongariki, quelques locaux vivent sous des tentes (en slip avec un chignon sur la tête) et hurlent en Rapa Nui (dialecte local) lorsque des touristes passent près de leur tente (bon, ils vivent au bord de la route, donc ça arrive fréquemment). Je préfère ne pas savoir ce qu'ils disent !Nous reprenons la route autour de l'île, et nous allons trouver refuge sous une sorte de baraque à frites au bord de la plage d'Anakena. Un violent orage s'abat sur nous... il est temps de rentrer de toute façon, il va faire nuit bientôt !

Nous avons loué les scooters pour 24 heures pour pouvoir aller admirer le lever du soleil. A 6 heures du matin, nous reprenons donc nos fières montures et retournons à Ahu Tongariki qui offre une stratégique exposition plein est. Sur le site, un Rapa Nui fait des incantations face aux Moaïs au moment où le soleil commence à poindre à l'horizon. Je suis absolument sidérée par la beauté de ce lever de soleil. C'est tout simplement inoubliable.

mercredi 21 avril 2010

Arrivée sur l'Ile de Pâques

Après une nuit passée dans l'avion, j'arrive sur la mythique Ile de Pâques. Je descends de l'avion et le minuscule aéroport est bordé de fleurs et de grandes statues en bois. J'ai le sourire accroché aux oreilles : je suis sur l'Ile de Pâques ! Incroyable... Pour entrer tout à fait dans l'ambiance, on me met un collier de fleurs fuchsias autour du cou.
J'attends mon sac sur le tapis et il arrive 10 minutes après tous les autres, et la housse est toute déchirée. Aucune importance, je suis sur l'Ile de Pâques !
J'ai réservé un camping au bord de l'océan. C'est la formule la moins chère et aussi la plus sympa. J'ai contacté quelques couchsurfers de l'île, mais aucun d'entre eux ne peut m'héberger... c'était prévisible, mais ils sont partants pour aller boire un verre un soir.
Je m'installe dans ma petite tente. Au fond du camping, un (faux) Moai trône, et j'ai une vue imprenable sur l'océan qui s'écrase sur les rochers.
Je rencontre tout de suite Martjin, Hollandais de 20 ans qui ressemble beaucoup à mon frère Arnaud... même genre de mec. Du coup, le courant passe bien !
Nous décidons d'aller piquer une petite tête dans l'océan. Sur l'île, il n'y a qu'une seule plage et elle est tout à fait à l'opposé d'ici, donc on s'installe sur des rochers et on va nager un peu. Je me fais piéger parce que l'eau n'est pas du tout profonde, même à 50 mètres du rivage, et je me fais une belle entaille dans le pied à cause des rochers. Aucune importance, je suis sur l'Ile de Pâques !
Il faut ensuite aller faire quelques courses... l'air du large, ça creuse ! Je m'achète donc 6 oeufs, des pâtes, de la sauce tomate et une courgette pour la modique somme de 60.000 pesos chiliens, soit un peu moins de 10€. Aucune importance, je suis sur l'Ile de Pâques !
Il fait nuit à 19 heures, donc après un petit festin de pâtes face à un coucher de soleil mythique, je vais me coucher dans ma tente face à l'océan, absolument sereine et détendue !

lundi 19 avril 2010

Mancora, extrême nord ouest du Pérou


J'arrive à Mancora après 20 heures de bus assez éprouvantes. Il fait très chaud, très beau, et nous nous dirigeons vers notre auberge de jeunesse. L'auberge est super : il y a des palmiers, une grande piscine, des transats, des hamacs, des cocktails et de la bonne musique... en plus c'est propre et pas cher... bref, inespéré !
Je m'installe dans mon dortoir de filles puis je file sur la plage. La piscine, ça n'est pas tellement mon truc, je m'y ennuie vite. Par contre, une petite baignade dans le Pacifique, ça ne se refuse pas ! Les vagues sont assez grosses et les courants assez forts. Je me méfie un peu et combats quelques frissons lorsque les rouleaux me rappellent mes mésaventures du Mékong. Je ne cèderai pas à la panique... c'est non !

La ville ne Mancora est absolument insignifiante et dangereuse, en prime. Les touristes qui s'y aventurent la nuit se font régulièrement détrousser. Bon, ben c'est pas très grave, je vais éviter de sortir toute seule ! Je rencontre quelques voyageurs que j'avais déjà croisés à Cusco.
Rapidement, je décide que les allers-retours plage-piscine ne sont pas passionnants et je me renseigne sur les tarifs des cours de surf. C'est dimanche, tout est fermé, mais je m'assieds sur la plage et je regarde les pros opérer dans le soleil couchant. Il y a quelque chose de magique...

Le lendemain, je me lève à l'aube et file vers une école de surf que j'ai repérée. C'est parti, je me lance. Après quelques minutes de théorie sur le sable concernant les 3 étapes pour se mettre debout sur la planche, me voilà dans l'eau avec mon surf et ma Je me sens un peu comme une sirène sur un parking... Première vague, mon moniteur me met bien dans l'axe et c'est parti ! Je me lève, hésitante, je fléchis bien les genoux comme il a dit, et youhouuuuu ! Je surfe !! Je n'y crois pas moi-même. C'est génial ! Pendant 1 heure de leçon, je prends un plaisir fou à surfer. Je me sens un peu Brice de Nice. Oh yeah.
Forte de cette énorme dose d'adrénaline, je profite un peu de la plage avant d'aller attraper mon bus pour Lima. C'est reparti pour 20 heures, mais je dors une bonne partie du trajet.
Prochaine étape : l'Ile de Pâques !

jeudi 15 avril 2010

Lima - capitale du Pérou

J'arrive à Lima après 18 heures de bus. Mon couchsurfer Leonel m'attend au terminal de bus. Je l'avais rencontré plusieurs fois à Paris lors des Couchsurfing meetings du lundi soir. Comme nous n'avons pas établi avec précision si je peux dormir chez lui ou pas, j'ai réservé une auberge de jeunesse pour la première nuit. Nous prenons un taxi pour aller poser mes affaires là-bas et là on me dit : « ah, ben oui, mais vous aviez réservé pour hier... ». Oups... je suis un peu perdue dans les dates ! (Mais bon... ça fait presque 3 mois que je suis en vacances aussi !)

En sortant de l'auberge de jeunesse, j'ai mal enjambé un trottoir et j'ai fait une chute phénoménale avec mon sac à dos. Gaston Lagaffe n'aurait pas fait mieux. Je crois que même les juges russes, d'ordinaire si sévères, m'auraient attribué une note artistique ! Avec mon sac à dos bien arnaché sur le dos, j'étais comme une tortue sur sa carapace, agitant les bras mais incapable de me relever (et morte de rire !)

Donc nous allons chez Leonel. Il peut m'héberger, ça sera très bien comme ça. Sa maman m'a préparé à déjeuner, des crudités et de la viande en sauce accompagnée de riz. C'est super bon. Par contre au niveau communication c'est un peu compliqué, elle n'articule pas du tout et parle à toute vitesse, donc Leonel traduit.

Après une douche, une sieste et une lessive, nous partons à la découverte de Lima. Il fait déjà nuit à 18 heures, mais nous allons dans le centre et marchons jusqu'à la plage. Pour se déplacer dans Lima, il n'y a pas de bus publiques. Il faut sauter dans des minibus archi-bondés et marchander le tarif. Un jeune homme avec une pancarte illisible est toujours pendu à la porte et hurle les destinations desservies.

Ensuite, nous retrouvons d'autres couchsurfers pour aller boire un verre et terminer dans une sorte de boîte à tendance électro (pas spécialement ma tasse de thé).

Bon, à Lima il n'y a pas grand chose à voir, alors je décide que j'irai à Mancora, tout au nord du Pérou sur la côte, juste à la frontière avec l'Equateur (c'est encore environ 20 heures de bus aller, mais je commence à être habituée !). Avant le départ, Leonel m'emmène visiter le quartier colonial de Lima et on se fait un petit ciné : Le Choc des Titans en 3D... pas très stimulant intellectuellement, mais assez divertissant. Je crois que j'ai ma dose de « ahhhhh, je suis un gros barbu très très gentil et je vais tuer tous les moches méchants » pour quelques mois au moins.

lundi 12 avril 2010

De Cusco à Arequipa - le Canyon de Colca




Après quelques jours de repos à Cusco, je reprends la route en solo pour Arequipa, au sud du Pérou. Un ancien couchsurfer chilien, Lucas, que j'ai reçu un moment à Paris, propose de me rejoindre là-bas pour qu'on aille voir ensemble le Colca Canyon, un des plus profonds du monde.

Je m'installe dans une auberge de jeunesse assez sympa, mais ma chambre ressemble à une cellule de prison avec des murs moisis. Bon, c'est juste pour une nuit...
Nous partons le lendemain avec un tour organisé. Les paysages sont très changeants et notre guide nous explique longuement la différence entre les lamas et les alpagas qui paissent en nombreux troupeaux.
Nous nous arrêtons pour déjeûner dans un petit village et Lucas et moi boycottons le restaurant touristique hors de prix pour aller manger des pâtes pas chères ailleurs. L'après-midi, nous nous baladons dans les collines environnantes. Le soir, nous assistons à un spectacle traditionnel hautement touristique dans lequel un groupe de péruviens en poncho jouent à la flûte de pan des airs comme Titanic ou The Sound of Silence. Je ne sais pas si c'est moi qui suis blasée, parce qu'il semble que les 100 autres touristes présents apprécient le spectacle, mais je trouve que le tableau ressemble de trop près aux couloirs du métro Châtelet.

Nous passons la nuit dans un hôtel correct avec des douches chaudes. Ça a l'air évident comme ça, mais au Pérou, ça ne l'est pas ! Et s'il fait très chaud la journée, le matin et le soir c'est polaire-GoreTex ! Le lendemain à 5heures nous partons pour la Canyon de Colca. En effet, la profondeur du précipice est très impressionnante et les condors tournoyant au dessus du gouffre donnent une dimension encore plus mystérieuse au site.
Les vallées environnantes sont superbes, toutes vertes et tout en terrasses avec les troupeaux d'alpagas.