Nous prenons un bus local de Castro (capitale de l'île de Chiloe) à Tenaùn, petit village perdu sur la côte ouest de l'île. Nous parcourons la campagne sur des routes non goudronnées et les paysages sont très jolis, verdoyants, et rappellent un peu l'Ecosse ou l'Irlande avec les moutons qui paissent dans les collines.Quelques temps plus tard, le chauffeur nous réveille : nous sommes arrivées. (Nous avons toutes les trois la même aptitude à dormir n'importe où, n'importe quand... bien pratique parfois !)
Nous nous installons dans des chambres d'hôtes chez Mirella. Les chambres sont petites mais confortables et la salle de bains est impeccable : nous allons pouvoir nous doucher sans tongs !
Nous nous promenons dans le village et admirons l'église à la superbe façade bleue et blanche qui se dresse face à la mer. Le village est minuscule et beaucoup de maisons nous semblent abandonnées (ce n'est pas toujours le cas, lorsqu'on tend l'oreille, on entend que des gens y vivent.)
Nous dînons chez Mirella avec toute la famille, y compris Lucas, le petit de quatre ans qui est complètement ingérable, saute partout, est sale comme un ramoneur et nous crache ses noyaux de pruneau à
la figure à table. Nous avons quelques difficultés à établir l'arbre généalogique de la famille composée d'hommes entre 4 et 60 ans. Nous sommes accueillies comme des princesses ! Le repas est délicieux : Mirella (qui se démène en cuisine alors que les hommes la regardent faire sans souciller) nous sert des empanadas aux fruits de mer, une sorte de pot-au-feu, et une salade aux avocats. Nous mangeons comme des ogresses et allons nous coucher, épuisées. Je m'endors avec le bruit des vagues, un vrai bonheur !
Le lendemain, nous prenons un petit bateau à moteur avec Herman, marin Chilote. Herman respire la gentillesse et le Chili. Il est petit, très brun, porte un pull en laine déchiré, une casquette, et a de larges mains aux doigts épais et courts. Presque une image d'Epinal ! Nous naviguons jusqu'à Mechuque, toute petite île à 45 minutes de bateau. Nous débarquons, et lui donnons rendez-vous à 15 heures. Nous nous promenons sur l'île pratiquement déserte, admirant les paysages verdoyants qui me rappellent ma Haute-Marne natale. Nous décidons de nous reposer un peu dans un pré à moutons en haut qu'une colline avec une vue imprenable sur la baie.
Comme convenu, à 15 heures, nou
s retournons au point de rendez-vous et Herman nous fait monter à bord. La mer est assez agitée et nous sommes ballotées dans sa petite coquille de noix. A peu près à mi-distance entre les deux îles, le moteur commence à faire des cliquetis bizarres puis s'arrête. Herman démonte le moteur en maugréant quelques noms d'oiseaux impliquant manifestement « Madre » et « Jesus » et réciproquement. Il farfouille alors dans sa boîte à outils et en sort une cuillère rouillée, un clou tordu, une ampoule cassée, un écrou et un chausse-pied et s'affaire au démontage du moteur. « El motor se rompio » nous dit-il d'un air désolé. Ah... le coup de la panne, un classique...
Herman utilise son portable pour appeler de l'aide. Après un certain temps, un petit bateau de pêche vient nous chercher pour nous remorquer en direction de l'île de laquelle nous venons. Nous sommes sérieusement secouées dans la petite barque et les vagues s'écrasent contre la coque et passent par dessus bord. Ahhh... l'air du grand large, quelle fraîcheur !
Nous attendons au
soleil que les marins du bateau de secours aient fini de manger et nous nous faisons raccompagner sur notre île de départ. Les marins nous dévisagent comme si nous étions des Picasso. Apparemment, on ne voit pas souvent de blondes françaises échouées en mer dans la région... Nous rentrons chez Mirella qui nous sert un réconfortant plat de moules de la taille de notre main avec du Papas pan bien chaud (pain de patates à la graisse de porc). Nous nous endormons encore une fois repues et épuisées par nos aventures maritimes.


Mouhahaha, snurf, shlurp..... Vos repas me donnent les larmes aux yeux et l'eau a la bouche. Ca a l'air d'etre un chef hors pair cette Mirella - et tant mieux si les hommes ne touchent a rien, apres des siecles de faineantise, ils vous auraient bousille tout ca. Le couvert et la vaisselle par contre, je dis pas...
RépondreSupprimerC'est incroyable cette variete de paysages et surtout surtout ce savoir-vivre et partager qui semble etre tout naturel. C'est incroyable. Ca inspire le respect et l'humanite. Je t'aime cherie. Continue bien et merci de donner tant de nouvelles!!!! Alex, qui ferait bien le voyage ne serait-ce que pour les moules...
Cherie, j'espere que ca va. Je t'aime.
RépondreSupprimerSuper cette immersion dans une vraie famille chilienne! Et moi qui pensais qu'après mon départ vous vous mettriez au régime! Je n'étais qu'un bon prétexte... Je me rends compte que l'hospitalité et la gentillesse chiliennes n'étaient pas que le fruit d'un scénario digne de telenovela. Have fun, les filles!
RépondreSupprimerLaure
Au su de l'expérience q ton père a pr fr redémarrer un bâteau, je suis un peu déçu. En +je suis sûr q vs n'avez même pas fait de ski nautique...
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